Numérique : élément perturbateur et facilitateur d’apprentissage ?

Numérique perturbateur en ce qu’il induit de questionnements sur nos pratiques, d’adaptation, de possibles encore inconnus, de complexité, de non maîtrisé ;
Numérique facilitateur car permettant une démarche de projet, des réseaux développés et efficients, une différenciation des apprentissages, une transversalité disciplinaire, des collaborations nouvelles, une automatisation de certaines tâches, des « autrement » et des « différemment »…

Petite Poucette[1] a déjà cinq ans et comme le souligne son auteur « Avant d’enseigner quoi que ce soit à qui que ce soit, au moins faut-il le connaître »[2] : quelle définition faire du « numérique » qui s’invite dans notre quotidien, personnel et professionnel, hors et dans la classe ?
Des outils ? Des usages ? Des innovations ? De l’intelligence collective ?

Le numérique impacte l’enseignement en ce qu’il modifie notre rapport à l’espace-temps dans son rôle de facilitateur, le rapport aux autres dans ce qu’il permet de collaboration et de mutualisation. La classe s’ouvre sur l’extérieur et invite à la découvrir : le web social serait une coquille vide sans l’intervention humaine et n’est finalement que ce que nous décidons d’en faire. Réduire le numérique aux outils, à des machines connectées alignant 1 et 0 serait nier le formidable potentiel humain induit par les échanges qu’il suscite.

Aucun doute qu’il faut prendre le temps, se permettre d’expérimenter et de ne pas « réussir » à coup sûr, se lancer en étant humble, en faisant le choix d’approfondir des outils qui nous parlent et correspondent aux enseignants que nous sommes laissant de côté (pour une autre année ou peut-être à jamais) certains autres qui fleurissent annuellement.
Aucun doute qu’il faut se faire confiance, faire quelques pas de côté, mutualiser les compétences en établissement, être curieux, ne pas hésiter à contacter, demander, questionner pour construire ensemble.

Experts, novices, frileux, dubitatifs, construisons ensemble le numérique du temps présent, accueillons les compétences des élèves, accompagnons-les dans une démarche bienveillante d’intelligence collective en gardant à l’esprit que l’intention première reste le projet pédagogique servi par le numérique.
Du statut passif de consommateur (abasourdi par les injonctions) tentons de passer à celui de constructeur collectif, décidons d’être acteur de notre aventure numérique.


[1] Petite Poucette, éditions Le Pommier, 2012. A visualiser ici : http://electre-reader.bvdep.com/9782746506053/1, consulté le 10 Juin 2017
[2] Ibid, page 6

Partager cet article

DAUX Delphine

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *